l'aventure en famille

Potosi, la montagne mangeuse d'hommes.

  Après un mois a Sucre, nous étions vraiment contents de partir. On se demandait encore si il vallait mieux qu'on dorme a proximité des villages ou en dehors, tous les combien de km on va trouver de l'essence, ou est ce qu'on va trouver de l'eau, de l'électricité, etc, quelques détails essentiels. Le premier soir on a voulu trouver un petit coin dans la campagne mais on s'est engagés sur une route assez escarpée (heureusement il faisait noir on voyait pas en bas) qui montait vers un village dans la montagne mais on a fini par faire demi tour et aller dormir près d'un barrage de police dans un tout petit bled. Comme on est arrivés a la nuit tombée ca a intrigué un peu les jeunes du village qui se faisaient chier (c'était samedi soir). Ils ont commencé a tourner autour du combi. Ils se sont un peu apuyés dessus et nous ont embêtés avec la musique, on se demandait si on devait sortir mais ils ont vite changé de lieu de glande. La matin on a été réveillés par un frottement le long du combi, c'était les cochons qui se grattaient.Bref la deuxième nuit on s'est posés dès l'après midi dans la campagne a coté d'un village et on a pu rencontrer notre voisin avant la nuit. La route entre Sucre et Potosi est asphaltée tout du long, c'était donc bien confortable. Les deux villes sont vraiment différentes, Les rues du centre de Potosi sont très étroites, la cité est plus ancienne, les immeubles plus décrépis mais aussi avec plus de caractère, des porches baroques avec des colonnes et des sculptures, énormément de balcons et des rues pavées, il y a un air moyenageux un peu. C'est dur d'y respirer a la fois a cause dela pollution des gaz d'échappement et de l'altitude, la ville est a 4000 mètres.  Potosi est la ville qui a été crée au pied du Cerro Rico, une montagne culminant a 4500 m qui ne ressemble plus qu'a un tas de deblais car elle est exploitée depuis plus de 450 ans. Tout d'abord les espagnols ont trouvé ici l'argent qui a permis au capitalisme européen de se développer. Et oui les espagnols avaient l'argent mais ne produisaient rien, ils enrichirent donc leurs voisins européens (anglais et hollandais surtout) qui créèrent les premières banques. Cette richesse a un peu été un handicap pour l'espagne qui n'avait pas besoin de produire et qui s'est ruinée peu a peu. Ils reduisaient en esclavage les locaux puis quelques esclaves africains qui mourraient encore plus vite que les indiens car ils ne supportaient ni l'altitude ni le froid c'est pourquoi cette montagne a été appelée la montagne mangeuse d'hommes. Il y a eu différentes phases dont une nationalisation des mines en 1952 qui a abouti a une amélioration des conditions de travail des mineurs (mécanisation, soins, logements,etc...) mais il y a quelques années le cours de l'étain (il n'y a preque plus d'argent dans le Cerro Rico) s'est effondré et l'état bolivien a licencié les 20000 mineurs qui travaillaient ici.Actuellement les mineurs de Potosi se disent organisés  en coopérative mais c'est une coopérative chacun pour soi. Chacun exploite son filon ceux qui ont une veine qui produit bien ont de quoi se payer un marteau piqueur wagonets et aides pour sortir le minerai les autres travaillent comme leurs ancêtres au marteau et au burin et avec les quelques  batons de dynamite que leur apportent les touristes de passage. Ils sortent le minerai sur leurs épaules faute de pouvoir payer quelqun pour les aider. La montagne est un gruyère et les quelques veines pas encore exploitées sont pauvres et le minerai est impur mais les mineurs continuent de traviller ici dans des conditions presque pires que Germinal. Il n'y  a pas de corons mais des petites cases a l'entrée du puit de mine les enfants travaillent mais la nuit seulement car le travail des enfants est interdit. L'histoire de cette montagne nous a fait penser a une sorte d'allégorie du capitalisme, on exploite des hommes pour exploiter la terre. A la finale cela a enrichit les banquiers hollandais et provoqué le déclin de l'Espagne. Aujourd'hui cette montagne ne produit presque rien, plus rien ne vit ni ne pousse sur cette montagne (sauf les mineurs) mais on continue encore a la détruire et les hommes continuent a se ruiner la santé. Le système capitaliste est ainsi fait qu'il faut continuer jusqu'au bout a extraire tout ce qui est possible des hommes et de la terre a n'importe quel prix.
Publié à 16:32, le 31/05/2010, Potosí
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cririque un peu facile...

11:57, 3/06/2010 .. Publié par medefvaincra
C'est un peu facile d'être déplaisant vis à vis du capitalisme néerlandais quant on sait que des touristes occidentaux n'hésitent pas à faire cirer les godasses de leurs très jeunes enfants par des indigènes faméliques (si, si, j'ai des photos...)! Ce n'est plus du capitalisme ni de l'éducation mais carrément du dressage: on forme dès le plus jeune âge les futurs esclavagistes!
D'un autre côté, hein, c'est la vie. Le cireur de chaussures n'avait qu'à disposer de parents fortunés lui aussi. Et en plus si ça se trouve il ne se plaint de rien.
Amusez-vous bien et revenez vite cotiser!
Medefvaincra

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